Notre histoire

L'histoire d'un projet unique

Écrit par Bernarda Klatt

Le projet de la coopérative La Maison Verte est né de l'initiative d'un groupe de sept citoyens du quartier Notre-Dame-de-Grâce, soit Jason Hugues, Jennifer Auchinleck, Jean-Martial Bonis-Charancle, Roger Haughey, Marc Poddubiack, Dan Ahmad et Hans Heisinger. Ils se sont regroupés en 1998 afin de discuter de ce qui pouvait être fait dans le but de permettre aux citoyens de développer une plus grande autosuffisance. Ces sept citoyens sont devenus les membres cofondateurs du projet de la Coop La Maison Verte. Voici un aperçu des principaux thèmes développés par le groupe.

Tout d'abord, les membres du groupe sont d'avis que la création d'alternatives au mode de consommation nord-américain est nécessaire à l'amélioration des conditions de vie des citoyens. Ils croient qu'il est vital pour notre société de trouver des alternatives au système économique capitaliste qui se base sur une recherche de profits illimités et qui engendre une surconsommation et un matérialisme exagérés. Selon leur vision du monde, ce modèle économique qui s'appuie sur une surexploitation des ressources naturelles et de la main-d'œuvre met en péril la survie de la planète et du genre humain.

Ils constatent aussi que la mondialisation de l'économie se traduit par la concentration des capitaux aux mains de quelques grandes entreprises. Cette concentration met entre autres en péril le développement d'entreprises locales et alternatives tout en rendant les gens dépendants de certains biens et services. À cet égard, les citoyens vivent une perte significative de leur pouvoir décisionnel de consommateurs. Cette perte de pouvoir se caractérise entre autres par une augmentation du coût de certains biens indispensables et par un manque d'information sur la composition et les conditions de production de certains biens de consommation, dont les produits alimentaires.

En ce qui concerne la dépendance envers certains biens et services, les cofondateurs ne peuvent passer à côté de l'exemple qui leur semble à ce moment-là le plus frappant : l'effondrement du réseau d'Hydro-Québec pendant la crise du verglas. Durant cette courte période, ils ont réalisé à quel point les citoyens dépendaient de cette ressource. De plus, cet événement historique leur a permis de voir leur quartier sous un nouveau jour. C'est en se promenant dans les rues et en s'entraidant entre concitoyens que certains cofondateurs ont réalisé qu'un grand nombre de personnes vivaient seules et isolées. Ils ont été étonnés et touchés de réaliser que dans leur quartier relativement aisé, certains vivaient dans l'isolement et la vulnérabilité. Ce constat a fait ressortir la présence toujours aussi forte de l'individualisme et de l'affaiblissement du lien social et communautaire.

La maison verte en constructionLa maison verte en constructionC'est sur cette base que La Maison Verte prend tranquillement forme. La structure de coopérative est privilégiée parce qu'elle permet aux membres cofondateurs tout comme aux futurs membres de prendre place dans le processus de prise de décision de l'entreprise. Il s'agit pour eux d'un aspect important du développement démocratique de l'entreprise qu'ils bâtissent. Les cofondateurs souhaitent également que leur magasin favorise l'accessibilité des produits locaux aux citoyens dans une perspective de développement économique local et de réduction des aspects néfastes du transport des produits. De plus, les cofondateurs souhaitent faire de leur magasin un espace dédié aux discussions et réflexions relatives à l'environnement et au développement durable. Finalement, les cofondateurs rêvent de faire de leur magasin un milieu vie communautaire dynamique où les gens pourraient se rencontrer entre amis.

L'entreprise naissante est incorporée en tant que coopérative de solidarité au ministère de l'Industrie et du Commerce du Québec. Il s'agit de la toute première coopérative de solidarité en environnement au Canada. En effet, la plupart des villes nord-américaines possèdent maintenant un ou plusieurs magasins dédiés à la vente de produits écologiques, cependant aucun ne fonctionne en coopérative.

Le projet de la coopérative est financé à la base par ses cofondateurs et par quelque 200 citoyens et premiers membres qui croient en ce projet. Finalement, une subvention de la CDEC de NDG, un organisme dédié au développement économique local, permet à La Maison Verte de démarrer ses activités.

C'est durant l'été 2000 que le projet se finalise. Certains membres fondateurs travaillent à la rénovation du futur magasin alors que d'autres se penchent sur la recherche de fournisseurs ainsi que sur l'annonce de l'ouverture prochaine de la coopérative dans les médias locaux. La Coop La Maison Verte reçoit l'appui d'organismes du milieu qui souhaitent la faire connaître au grand public, dont le magazine La Maison du 21e siècle et l'organisme Éco-Initiatives.

Les Raging Grannies en vedette à la CoopLes Raging Grannies en vedette à la CoopLa Maison Verte ouvre officiellement ses portes le dimanche 25 novembre 2000, pour une journée festive avec de la musique, de la bouffe et plus de 300 participants. Cette journée d'ouverture permet au grand public de découvrir la grande variété de produits et de services disponibles dans leur tout nouveau magasin de quartier.

L'intérêt des citoyens pour La Maison Verte au cours des mois qui suivent son ouverture se manifeste par une croissance soutenue du nombre de membres. Cette forte participation tout aussi souhaitée qu'inattendue confirme aux membres fondateurs la présence d'un besoin réel chez les citoyens qui manifestent ainsi leur désir de changer les choses afin d'arriver à un mode de vie plus éthique.

Aujourd'hui, La Maison Verte compte plus de 6000 membres et est sans contredit l'un des établissements les plus dynamiques de la rue Sherbrooke Ouest. Sa petite équipe continue de travailler sans relâche, appuyée par les citoyens et les membres, afin de toujours garder la coopérative au cœur de la vie communautaire du quartier NDG et d'offrir aux membres une gamme de produits et services qui correspondent à leurs besoins de citoyens plus responsables.